« Le Culturel » rouvrira ses portes le 1er juin, l’occasion de se replonger dans la vie d’un lieu, qui fut, l’un des organes vitaux de la vie sociale et sportive d’Hautmont. Des parents de Michel Tassant en 1967, jusqu’à Daniel et Martine Cazeel qui reprennent le café en 2002, trois générations se sont transmises le bistrot, et avec ses murs les traditions et l’histoire d’une commune de l’Avesnois.
Une affaire de famille
Les grands-parents et parents de Michel Tassan ont toujours tenu des cafés, à Avesnelles, puis ils déménagent pour investir un bistrot, rue de Maubeuge à Hautmont. Enfin ils rachètent celui qui longe l’église à Madame Samin en 1967. Une « famille de commerçants » se rappelle Michel. À l’époque, le café ne s’appelle pas encore « Le Culturel » mais le « Café du Centre Culturel », en raison de son emplacement : en face du Centre Culturel d’Hautmont. La mère de Michel Tassan demande alors à la Mairie de changer son nom pour « Le Culturel ». Evelyne, la femme de Michel prend goût au métier de cafetière, lorsqu’elle aide sa belle mère, les jours de fête et de marché. En 1974, alors que Michel travaille à l’usine et que les enfants sont grands, le couple décide de racheter Le Culturel. La proximité avec le Centre Culturel fera la joie des clients et des deux cafetiers durant 28 années. Ils y verront défiler certaines célébrités bien connues à l’époque : Claude Nougaro, Michel Galabru, Christian Marin, Charlotte Julian, Catherine Lara, ou encore Eddy Mitchell.

28 années de bonheur

Evelyne décide de faire de la petite restauration pour pallier la fermeture du marché de la place. Elle se souvient des ouvriers de l’usine « la Providence », qui emploie encore 1700 ouvriers en 1970 et qu’elle voyait défiler sur ses tables. Beaucoup de manifestations sportives et événements traditionnels faisaient la joie des deux plus jeunes cafetiers de la ville. Michel se souvient des nuits dans le bistrot pour se relayer aux 24 heures d’Hautmont, et tient à rappeler qu’ils sont arrivés deuxième la première année. Pour Daniel Cazeel, qui reprend le bistrot de 2002 à 2019, cette course cycliste est elle aussi synonyme de bons souvenirs, avant de reprendre le café il se joignait volonté à l’équipe du Culturel à l’occasion de la course : « C’était le café de mon enfance » se souvient-il. Lors du Corso fleuri, les cafetiers se déguisent et tous les dimanche des musiciens venaient célébrer la fin de semaine. Une année, les deux époux font croire au retour d’une station essence à Hautmont, en disposant devant le café une ancienne pompe, un bon poisson d’avril qui leur vaut un article dans La Voix du Nord. Lors des Marchés de Noël, la bière au tison faisait la réputation du bistrot, spécialité du Nord que monsieur Tassan avait instauré, consistant à tremper un tisonnier rouge dans la bière.
Le Jeu de Paume et la citerne du Culturel
Enfin, le Jeu de Paume a lui aussi tenu une place toute particulière pour Le Culturel et pour la ville d’Hautmont. Dans la cave, Michel décide de faire une porte dans une citerne qui ne sert plus, servant ainsi de vestiaire aux joueurs. De même « Monsieur et Madame Tassan s’étaient aguerris aux règles du Jeu de Paume » se souvient Jean-Marie Muny, hautmontois et président de la Fédération Française de Jeu de Paume. Des matchs amicaux avaient alors lieu entre les différents cafés de la ville. Avec la délocalisation des usines, la clientèle a drastiquement diminué en même temps que l’offre culturelle d’Hautmont, précipitant sa fermeture en 2019. La reprise du café par Olivier Spillebout, originaire de Lille, apparaît comme la promesse d’un renouveau pour la commune de l’Avesnois.


Carla Gaultier Bruxelles pour Le Culturel Média

