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2002 Vingt-huit années d’une vie de cafetier

Michel Tassan, le patron du Culturel, et son épouse passent la main

Ça méritait bien un cadeau. Le vase décoré aux armes du café Le Culturel, avec son entrée en forme de voûte qui fait reconnaître entre mille cet ancienneté de l’ex-cité d’Acier, a été offert à l’épouse de Michel Tassan. Le vice-président de l’association ADH (Animation et dynamisme hautmontois) passe la main, après 22 années de présence dans l’association. Et après avoir apporté son concours à toutes les grandes manifestations qui rythment l’agenda hautmontois : la foire d’octobre, que l’ADH organisait jadis, la course des Dix-Miles, qu’elle chapeaute toujours…

Vingt-deux ans de bénévolat pour la commune, mais aussi 28 ans passés à la tête du café Le Culturel. Avec Michel Tassan, qui peut se reposer un peu du côté de Fréjus, c’est un commerçant hautmontois faisant partie des meubles qui passe la main. C’est en effet en 1974 que l’ancien ajusteur de Cockerill a repris le café qui fait face à la mairie.
« 28 ans, un sacré bail », commente l’intéressé, un brin songeur. À l’heure où tout valse et de plus en plus vite, ils sont rares les patrons de bistrot à pouvoir afficher une telle longévité au poste. 28 ans, c’est aussi un quart de siècle d’histoire communale. Un café, c’est aussi une tribune, un saut de ligne, un lieu d’observation locale. Pas d’imagerie d’Épinal pour autant. Michel Tassan ne tombe pas dans l’ornière du fameux « C’était quand même mieux avant », trempé dans le déclinisme. On sait bien qu’aujourd’hui ce n’est pas toujours facile. Mais dans les années 1970, Michel Tassan a connu les buissons noirs, qui n’étaient pas des tendres non plus. De différences, il y en a une quand même :
« Quand ils se disputaient avec les poings, c’était dehors, discrètement, jamais au café ». Cela dit, le patron ne trouve pas que la vie de cafetier soit vraiment plus difficile aujourd’hui. Même si les clients sont un peu moins conviviaux. Au comptoir, on discute moins, on reste sur son quant-à-soi.

Pour le reste, que de changements. Le couple qui tenait le Culturel a vu les années noires. Celles où les entreprises hautmontoises tombaient comme des mouches., la faillite de l’empire Cockerill, l’aventure ratée des Coupes de France. L’ancien ajusteur Michel Tassan était aux premières loges :
« J’ai un client qui a coulé le dernier lingot de la Providence. Quand il en parle, il en pleure encore maintenant »

Puis le couple Tassan, de son comptoir, a vu Hautmont changer à la vitesse grand V. Même si Madame regrette un peu la réorganisation du marché en centre-ville, comme ne pas reconnaître le chemin parcouru ?
« Nous, on est dedans, on s’en rend moins compte. Ce sont les Hautmontois qui reviennent après quelques années, les vieux retraités par exemple, qui nous font vraiment prendre conscience. « Qu’est ce que çà a changé », disent-ils. Ils sont ébahis par les transformations ». Relations de cause à effet : ces derniers mois les époux Tassanont vu de plus en plus souvent des Belges et des Anglais adeptes du tourisme fluvial s’arrêter à Hautmont, manger un morceau au Culturel. Le café a toujours fait de la petite restauration. C’est ce que Mme Tassan regrettera peut-être le plus : ces vendredis soirs où l’on se retrouvait entre amis, au café, autour d’un pain saucisse.
T.T.

La Voix du Nord – Septembre 2002

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